La méditation (6 et fin)

Venons en enfin à la pratique. Comment méditer et ainsi transcender notre inconscient ?

En général, « méditer » signifie généralement pour nous réfléchir, penser , réflexion profonde … Cela suppose donc une activité intellectuelle, un certain effort. Or pour le yogi, c’est tout le contraire. Il faut faire taire notre « raison » car c’est l’obstacle à la descente dans nos couches intérieures les plus profondes.

En outre, la méditation est un état, un état de conscience modifiée. Un état n’est pas une action. On ne peut pas « méditer » et être en « état de méditation ».

Pour arriver à notre état de méditation , nous ferons appel à 2 moyens dont nous avons d’ailleurs déjà parlé : l’imagination (l’image sur laquelle nous allons nous concentrer) et les émotions (puisque nous allons faire taire notre raison).

Les objets de méditations sont innombrables, qu’ils soient extérieurs (une objet, une fleur, le cosmos, etc ) ou intérieurs (un organe, un sens, un muscle, une pensée, etc). Dès que l’on a choisit son objet de méditation, il faudra se concentrer sur cette image, sans vouloir chercher quelque chose, mais plutôt en laissant les choses se faire toutes seules.

Pratiquement, voici ci-après une technique de méditation qui est sans danger, parmi tant d’autres :

Après avoir préparé votre corps à l’immobilité, par une séance de postures suivi d’exercices de respirations, asseyez vous confortablement (si possible en siddhasana, un pied devant l’autre, ou sur les talons). Il est important de bien dégager la colonne vertébrale en gardant le dos bien droit, menton légèrement rentré. Les mains sont ramenée dans le giron, paumes vers le haut et reposent l’une sur l’autre. Observez l’immobilité totale jusqu’à la fin.

Focalisez d’abord votre attention pendant quelques minutes sur la respiration. Prenez ensuite conscience de votre corps, de l’espace qu’il occupe , de sa forme, de ses frontières avec le monde extérieur. Visualisez votre corps sous tous les angles, comme un spectateur, puis observez le dans l’espace : de la pièce dans laquelle vous vous trouvez d’abords, ensuite dans l’espace plus vaste de la terre, et du cosmos.

Reliez-vous à l’univers et au cosmos, prenez conscience de votre corps dans l’espace, le système solaire, la galaxie, l’univers entier, votre place dans l’univers.

En restant calme et impassible, amener doucement votre attention sur le centre de force du corps. Ce centre se situe grosso modo au niveau du centre de gravité, au point de pression du diaphragme, dans la région ombilicale. C’est là que se situe le centre de notre énergie vitale, de notre métabolisme, notre feu intérieur (manipura chakra). Vous percevrez bientôt à cet endroit les pulsations du sang. Maintenez l’attention aussi longtemps que la sensation reste agréable. Progressivement le calme, la sérénité , le détachement des soucis de la vie quotidienne s’installeront.

Visualisez dans votre centre de force une lumière jaune puissante, brillante, ressentez la chaleur qui accompagne cette lumière, qui irradie dans tout votre corps.

Finalisez votre méditation en relâchant quelques instants sur le dos.

Namasté

La méditation (5 )

Yoga chitta vritti nirodha, ainsi commence le fameux traité de celui qui nous a légué le yoga, Patanjali. Que l’on peut traduire par : « le yoga c’est restreindre les fluctuations (tourbillons) de la substance mentale ».

Le mot « restreindre » a toute son importance car il suppose un contrôle et non pas suspendre ou supprimer. On parle aussi de « substance mentale » ce qui laisse entendre que notre mental est matériel, au même titre que nos 5 sens. On dit que c’est un instrument, au service de la Conscience.

Les yogis indiens expliquent très bien tout cela par des images. Ainsi, notre substance mentale, c’est la surface de l’océan. Cette surface est régulièrement modifiée par des vagues et des tourbillons. Or ce sont des influences extérieures qui causent ces vagues et tourbillons – en l’occurrence le vent et les courants. Mais le relief et obstacles sur le fonds marin (nos traumatismes) et les courants en profondeur (nos tendances profondes) influencent également les vagues à la surface. L’océan tout entier peut ainsi être comparé à note mental , soit l’inconscient (les profondeurs) et la surface (la substance mentale). Ces 2 parties déterminent notre comportement.

Mais pour le marin qui navigue sur l’océan, seule la surface s’impose à sa vue.

Notre mental est fort agité car il est le point de rencontre de 2 univers ; le monde intérieur et le monde extérieur qui l’entoure. Or toutes ces images qui apparaissent constamment dans notre mental sont involontaires, puisque , on l’a vu , elles proviennent d’une part de notre inconscient et d’autre part des circonstances extérieures.

C’est là qu’intervient le yoga : comment dans un premier temps, calmer toute l’agitation mentale de surface ( par les postures, les exercices de respirations puis de concentration) pour choisir ensuite des images adéquates qui permettront d’agir directement sur l’inconscient et le restructurer, le reprogrammer. Plus l’image sera nette et maintenue longtemps, plus les effets seront puissants.

Attention donc aux choix des images, qui peuvent créer des modifications pour le bien ou pour le mal …

Voilà résumé ainsi toute l’importance que la méditation peut prendre au cours d’une vie.

Namasté