Les koshas

Selon la conception yogique, élaborée par les sages indiens il y a de cela des millénaires, l’être humain est composé de trois corps, enveloppés dans cinq couches (les koshas, qui signifie « enveloppe » en sanskrit). La plupart d’entre-nous n’en n’a pas conscience et agit comme s’il s’agissait d’entités séparées. Retrouver notre globalité, voilà l’essence même du yoga.

Il y a bien sûr notre corps physique, appelé aussi corps grossier. Il est relié aux 5 éléments. C’est ce corps qui nous permet d’expérimenter la matière : les os, le squelette, nos organes, les 5 sens, le cerveau… Cette matière est assez dense et inerte. A ce corps physique correspond le kosha annamaya, soit la couche physique ou grossière . En sanskrit, « anna  » veut dire nourriture. En effet c’est la matière organique entretenue par la nourriture, soumise au temps et vouée à disparaître.

Sans le corps physique , il ne peut y avoir de manifestation humaine. Cette couche physique est le point de rencontre de toutes les autres couches. C’est le temple sacré de l’existence humaine.

Il est donc essentiel de maintenir ce temple en parfait état, mais avant de pouvoir en faire la maintenance, il faut connaître tous les rouages de ce temple. C’est la que commence notre pratique du yoga : les asanas nous permettent d’explorer notre corps physique dans tous ses aspects. et d’en prendre conscience petit à petit.

Ce corps physique , composé de matière inerte, serait lui aussi inerte sans le corps subtil, composé de 3 couches, énergétiques et psychiques.

Nous retrouvons d’abord pranamaya kosha (lisez bien pranamaya et non pas pranayama!), où couche énergétique. Vous connaissez déjà le prâna, l’énergie vitale, sans laquelle nous ne pourrions pas vivre. Cette couche imprègne et nourrit le corps tout entier. Elle se manifeste entre autre par le système circulatoire et le flux constant de notre respiration. C’est cette couche qui fait le lien entre la couche physique et les autres couches.

On peut l’explorer et l’expérimenter spécifiquement grâce à nos exercices de pranayama, mais aussi durant la pratique d’asanas. Lorsque l’on maintient notre posture quelques instants, dans l’aisance et dans la fermeté, on peut ressentir encore le mouvement de notre respiration comme le flux et le reflux de la mer sur une plage. Toute notre pratique d’asana devient alors une méditation sur le mantra généré par la musique de notre respiration.

Travailler et affiner notre respiration permet d’éveiller notre conscience énergétique au delà du corps physique , vers notre corps subtil.

Les deux 2 autres couches enveloppant le corps subtil sont de nature psychiques : manomaya kosha, , soit la couche mentale (mano = mental ) , prolongement de nos 5 sens et de nos 5 facultés d’actions. C’est lui qui , grâce à son pouvoir de discrimination, nous permet de nous différencier des autres êtres humains. Il génère les notions de « moi », « le mien ». Observez la relation qu’il y a entre notre état d’esprit, notre respiration et notre corps physique : une contrariété, un stress a des répercussions immédiates sur notre respiration et engendre toutes sortes de transformation biologiques et moléculaires au niveau du corps physique. De même un sentiment de liberté, de joie entraîne les réactions inverses.

Le yoga est un outil bien essentiel pour nous aider à maîtriser notre mental, nos pensées.

La couche psychique supérieure, Vijnanamaya kosha , la sagesse, renvoi à notre intelligence intuitive. Lorsque l’on a maîtrisé notre mental, notre égo, on peut prendre de la distance par rapport aux événements. Alors nous pouvons voir les choses telles qu’elles sont, avec plus de clarté, nous commençons à mieux ressentir les choses, le monde.

C’est alors que progressivement nous pourrons entrer dans un état de yoga, lorsque nous ressentirons que le corps physique et subtil ne forment qu’une entité, en lien direct avec la nature qui nous entoure.

Le 3ième corps est appelé corps causal, enveloppé de la dernière couche : anandamaya. Ananda qui signifie félicité, bonheur. C’est la conscience pure, qui imprègne toute chose, logée au coeur de notre être. Eternelle et divine. C’est que l’on appelle communément « l’âme ». Pour l’atteindre il faut être en parfait équilibre énergétique, alors nous obtiendrons la paix intérieure (prashanti).

Retrouvez votre globalité en pratiquant la méditation. Au cours de cette méditation, maintenez successivement votre attention sur les différentes couches :

  • la couche physique
  • la couche énergétique
  • la couche mentale
  • la couche intuitive
  • la couche de félicité.

Ne verbalisez pas, restez dans le ressenti. Au fur et à mesure de votre pratique , vous serez à même de percevoir de manière de plus en plus subtile la globalité de votre manifestation humaine et vous pourrez vivre pleinement votre vie, c’est à dire « être », tout simplement…

Namasté

La méditation (5 )

Yoga chitta vritti nirodha, ainsi commence le fameux traité de celui qui nous a légué le yoga, Patanjali. Que l’on peut traduire par : « le yoga c’est restreindre les fluctuations (tourbillons) de la substance mentale ».

Le mot « restreindre » a toute son importance car il suppose un contrôle et non pas suspendre ou supprimer. On parle aussi de « substance mentale » ce qui laisse entendre que notre mental est matériel, au même titre que nos 5 sens. On dit que c’est un instrument, au service de la Conscience.

Les yogis indiens expliquent très bien tout cela par des images. Ainsi, notre substance mentale, c’est la surface de l’océan. Cette surface est régulièrement modifiée par des vagues et des tourbillons. Or ce sont des influences extérieures qui causent ces vagues et tourbillons – en l’occurrence le vent et les courants. Mais le relief et obstacles sur le fonds marin (nos traumatismes) et les courants en profondeur (nos tendances profondes) influencent également les vagues à la surface. L’océan tout entier peut ainsi être comparé à note mental , soit l’inconscient (les profondeurs) et la surface (la substance mentale). Ces 2 parties déterminent notre comportement.

Mais pour le marin qui navigue sur l’océan, seule la surface s’impose à sa vue.

Notre mental est fort agité car il est le point de rencontre de 2 univers ; le monde intérieur et le monde extérieur qui l’entoure. Or toutes ces images qui apparaissent constamment dans notre mental sont involontaires, puisque , on l’a vu , elles proviennent d’une part de notre inconscient et d’autre part des circonstances extérieures.

C’est là qu’intervient le yoga : comment dans un premier temps, calmer toute l’agitation mentale de surface ( par les postures, les exercices de respirations puis de concentration) pour choisir ensuite des images adéquates qui permettront d’agir directement sur l’inconscient et le restructurer, le reprogrammer. Plus l’image sera nette et maintenue longtemps, plus les effets seront puissants.

Attention donc aux choix des images, qui peuvent créer des modifications pour le bien ou pour le mal …

Voilà résumé ainsi toute l’importance que la méditation peut prendre au cours d’une vie.

Namasté