Le temps

Le temps est un concept qui est au coeur de notre société occidentale. On est toujours pressé et on court sans cesse d’un endroit à un autre, d’une idée à une autre. On veut « gagner du temps » car le « temps c’est de l’argent ». Toute notre activité quotidienne est continuellement chronométrée pour améliorée notre performance, en faire le maximum sur une journée. Au travail, chaque petite tâche, chaque petite séquence est décrite en fonction du temps qu’il faut pour accomplir la tâche : « il faut 2 minutes pur accomplir tel chose, 5 min pour cette autre tâche ». Et pas question de mettre plus de temps pour accomplir la dite tâche.

Résultat : on se dépêche, notre objectif principal est de respecter le délai imparti, on devient stressé. Et au final, il n’y a pas de qualité mais de la quantité. Personne n’est satisfait.

Combien de fois par jour disons-nous la phrase « je n’ai pas le temps » ? Mais en disant cela, n’est pas utiliser le temps comme prétexte, comme bouc émissaire ? Je n’ai pas le temps, cela veut dire que ce n’est pas de ma faute, ce n’est pas ma responsabilité. Ne peut -on pas modifier le concept que l’on a du temps, car on le voit bien ce concept nous met des bâtons dans les roues. Que ce passe-t-il si je disais plutôt : « je n’ai pas eu l’intention de faire cela  » ?

Le concept de temps nous renvoit à la mythologie grecque et au dieu Cronos, le dieu du Temps. La prophétie voulait qu’un jour, un de ses enfants prendrait sa place et le détrônerait. Afin d’éviter la réalisation de cette prophétie, il engloutissait chacun de ses enfants. Mais lorsque naquit, on le substitua par une pierre et Cronos engloutit la pierre sans s’en rendre compte. Le moment voulu, Zeus renversa son père. On obligea Cronos a recracher ses enfants.

Ainsi, notre vie quotidienne est une « course contre la montre » pour nous protéger de Cronos, le temps qui dévore tout.

Il existe pourtant un autre dieu grec pour le temps, bien moins connu. Je veux parler de Kairos. Il est représenté par un jeune homme ailé. Mais sa caractéristique principale est de n’avoir aucun cheveux, sauf une longue touffe de cheveux sur le sommet du crâne. Lorsqu’il passe près de nous , nous pouvons adopter trois attitudes :

-ne pas le voir

– le voir, mais ne rien faire

– allonger le bras et saisir la touffe de cheveux.

Car Kairos, c’est le dieu de l’instant, du moment opportun. Cela nous ramène au yoga. Le yoga nous invite à être sensible à Kairos et à saisir les opportunités qui se présentent. Y compris la maladie.

Nous pouvons ainsi remplacer notre concept habituel du temps et mettre à la place quelque chose de réel : comment les choses se transforment , comment mon corps, mon psychisme, se transforment? C’est bien là le coeur du yoga, qui étudie ces transformations (alors que le temps, c’est toujours la même chose, c’est à dire le présent).

Tout se transforme en permanence. Spontanément. Mais je peux aussi orienter la transformation (comment lorsque je taille un arbre pour en améliorer la production de fruits ou de fleurs).

Vers quelle transformation vais-je ? Avec quelle intention ? Puis-je redéfinir mon intention de transformation ?

Chaque transformation part toujours d’une toute petite chose. En fonction de notre intention de transformation, recherchons cette toute petite chose, cette petite séquence qui nous permet d’être au coeur, à l’essence de cette chose.

La répétition de cette petite séquence de transformation me permettra ensuite d’orienter mon devenir.

Avec cette approche yogique, le temps n’est plus un obstacle. Car peu importe le temps que ma transformation prendra, j’ai la certitude qu’elle aboutira, pour autant que mon intention de départ est vlaire et bien définie.

La Respiration… un peu d’anatomie

La respiration générale alimente la respiration cellulaire. Chaque cellule a besoin de capter l’oxygène et rejette du CO² pour entretenir leur cycle de production d’énergie. L’oxygène et le CO² sont véhiculés dans tout l’organisme par le sang. La contraction du coeur permet au sang de circuler dans tout l’organisme avec sa cargaison d’oxygène frais, puis lorsqu’il revient avec sa cargaison de CO², les contraction du coeur l’expulse vers les poumons.

Quels sont les organes qui interviennent dans la respiration ?

Le nez

Le nez comprend une partie externe composée de cartilage (les narines, les ailes du nez, la cloison nasale) et une partie interne osseuse. Traditionnellement, c’est à la frontière du nez inter et et externe que l’on place les doigts pour les respirations alternées.

Le nez sert de filtre à poussière, il réchauffe et humidifie l’air. Il sert bien sûr à sentir, et est une caisse de résonance pour les vibrations (voyez comme vous « parlez du nez » lorsque vous avez le nez bouché).

Les sinus

Ce sont des cavités reliées aux fosses nasales. Elles servent de caisse de résonance pour la voix

Le pharynx

Il agit comme un entonnoir, au croisement des voies aériennes et digestives. Il sert de conduit pour l’air et la nourriture et aussi de caisse de résonance pour la voix.

Le larynx

C’est une sorte de colonne qui contient les cordes vocales. Les muscles qui mobilisent les cordes vocales sont innervées par le nerf récurrent qui est une branche du nerf vague. Ce nerf fait partie du système parasympathique (qui joue un rôle dans les fonctions de repos et récupération de l’organisme).

Nous reviendrons sur certains exercices respiratoires qui cherchent à faire « ronronner » les cordes vocales et ont un grand effet calmant.

La trachée

C’est un tuyau cartilagineux composé d’anneaux et qui mène aux bronches

Les bronches

Les bronches forment différents carLes bronchesrefours avant d’arriver aux alvéoles pulmonaires. C’est l’arbre bronchique. Elles sont recouvertes de muqueuse.

L’asthme bronchique est une inflammation des conduits suite à une réaction à différents agents (médicaments, allergies alimentaires, environnement, émotions, etc). Il y a une combinaison de spames musculaires, de gonflements et de sécrétion de mucus qui obstruent la lumière bronchique.

Les poumons

Ce sont des sacs flexibles, limités par les côtes, le diaphragme et les clavicules. Ils enserrent le coeur.

Les plèvres

Ce sont deux tissus qui entourent les poumons de manière étanche

Comment fonctionne la respiration ?

Les alvéoles pulmonaires, tapissées de capillaires sanguins sont le centre des échanges entre les poumons et la circulation sanguine. Il y a600 à 800 millions d’alvéoles ! Différentes substances peuvent traverser les alvéoles et capillaires : bien sûr l’oxygène et le CO², mais aussi les nano particules, l’alcool, …

Le transfert gazeux entre les alvéoles et les capillaires se fait généralement sans difficultés, mais cela peut poser des problèmes chez les personnes qui ont une inflammation pulmonaire. L’échange est plus difficile suite aux sécrétions et aux éventuels durcissements des alvéoles.

Les respirations que nous effectuons au yoga permettent , par leur amplitude, d’entretenir l’élasticité des alvéoles et des capillaires. Une meilleure respiration = une meilleure oxygénation de l’organisme = une meilleure santé.

Les muscles respiratoires doivent sans cesse être stimulé. La respiration est vitale et on a besoin de respirer 24h/24. c’est un des rôles du cortex. Une minuterie est prévue dans notre système nerveux central. Les réglages fins sont effectués au niveau du bulbe rachidien situé au-dessus de la moelle épinière. C’est une véritable tour de contrôle qui gère beaucoup de régulations physiologiques.

La respiration volontaire permet de court-circuiter certains influx automatiques mais pas tous. Il est impossible d’arrêter volontairement sa respiration au-delà d’un certain temps. On peut encore respirer si les centres corticaux sont détruits.

C’est ce qui se passe dans l’apnée du sommeil : le contrôle automatique est perdu mais pas le contrôle volontaire.

Le centre de contrôle respiratoire est divisé en trois :

– le centre des rythmes respiratoires : il règle le rythme de base de la respiration (inspiration sur 2 secondes et expiration pendant 3 secondes. C’est une sorte d’horloge

-le centre de sécurité expiratoire : il prévient l’ouverture trop grande des poumons en inhibant le centre de sécurité inspiratoire

– le centre de sécurité inspiratoire : il stimule les neurones inspirateurs lorsque le centre de sécurité expiratoire est inactif. Il agit comme des agents de polices à un carrefours qui incitent les automobilistes à circuler.

Le centre respiratoire, lié au cortex peut modifier volontairement la respiration , par exemple pour nous éviter de respirer des gaz toxiques ou de l’eau. Mais dès que le taux de CO² dans le sang dépasse un certain seuil, il y a automatiquement une stimulation dans le centre de sécurité inspiratoire.

Le volume courant de la respiration automatique est de 1/2 litre d’air. Nous respirons plus ou moins 15 fois par minute, ce qui nous fait 7,5 litres d’air par minute. 2/3 de l’air inspiré va dans les poumons, et 1/3 est perdu en chemin. Lors d’une inspiration profonde et d’une expiration profonde, on respire environ 5 à 6 litres d’air. Le reste est une réserve résiduelle (les poumons ne sont jamais vides).

La respiration

Que chaque respiration soit une œuvre d’art…

S’il y a bien un aspect de notre corps que nous délaissons volontiers et qui ne fait l’objet que trop rarement de nos pensées, c’est la respiration. Pourtant, on ferait mieux de s’y intéresser un peu plus si l’on désire conserver une bonne santé physique et spirituelle. Voyez donc :

Les poumons sont constitués entre 600 et 800 millions d’alvéoles pulmonaires permettant l’échange gazeux entre l’oxygène et le co². Si on dépliait les poumons, on pourrait couvrir une superficie de plus ou moins 100 m² ! Cela en fait le plus grand organe de contact avec l’extérieure (avant la peau).

Le volume d’air que nous inspirons quotidiennement est cinq fois plus grand que toute la quantité d’aliments solides et liquides ingérée. Au repos, nous respirons entre 12 et 15 fois par minutes, cela fait plus de 20.000 respirations par jour. Nous nous soucions pourtant fort peu de la qualité de l’air que nous respirons et aussi de la qualité de notre respiration.

Qu’on le veuille où non, il n’est pas possible de s’arrêter de respirer. Notre respiration s’effectue la plus part du temps de manière automatique, inconsciente. Elle nous accompagne depuis la 1ier seconde de notre naissance jusqu’à la mort. Vous ne pouvez pas décider d’arrêter définitivement votre respiration. Après un certain seuil de C0² dans le sang, le cerveau déclenchera automatiquement une inspiration La respiration est donc intiment liée à la vie car sans respiration, nous ne pourrions pas vivre.

La fonction première de notre respiration est de permettre l’échange dans le sang de l’oxygène frais et du gaz carbonique . Le sang se charge quant à lui de transporter l’oxygène frais à tous les organes et cellules du corps et à rapatrier vers les poumons les déchets (le gaz carbonique) pour l’évacuer lors de chaque expiration.

La respiration est également très fortement liée à nos émotions. Avez-vous déjà remarqué votre respiration courte, superficielle, saccadée, lorsque vous êtes énervé, tendu ou stressé ? Et comment vous retenez votre respiration lorsque vous êtes en colère ? Au contraire pensez à la libération et à la détente que vous procure un profond soupir .

Selon la légende indienne, chacun reçoit à la naissance un nombre fixe de respiration pour toute la durée de sa vie. En effet, les respirations courtes et rapides, cells qui engendrent les tensions et le stress, favorisent l’accumulation de germes dans les parties basses des poumons et donc un moins bon échange et une moins bonne oxygénation du corps. Des respirations lentes et profondes permettent une oxygénation optimale du corps et contribuent au nettoyage du corps ainsi qu’au massage des organes abdominaux. Voilà que l’on retrouve notre lien entre une vie longue et en bonne santé et l’hygiène des respirations complètes.

Tout cela avait été compris depuis bien longtemps par les anciens qui ont toujours considéré le souffle à un niveau plus subtile. Les philosophes grecs considéraient le souffle à la fois comme l’esprit et la respiration. Le terme « pneuma » avait ce double sens.

Bien évidemment, la respiration est le terrain de prédilection du yoga, qui rappelons le, cherche à relier l’aspect fonctionnel et spirituel des choses. C’est d’autant plus important à notre époque où un fossé se creuse sans cesse entre ces deux aspects, ce qui amènent à confronter et mettre en compétition le corps physique par rapport au spirituel, au lieu de les utiliser comme tremplin l’un pour l’autre.

Le contrôle de la respiration est donc un aspect essentiel de notre pratique de yoga, que cela soit comme un exercice préparatoire à notre spiritualité, ou comme méditation à part entière. Cela suppose évidemment que la fonction de respiration soit parfaitement opérationnelle et entretenue par une parfaite hygiène des voies respiratoires. Les exercices respiratoires peuvent d’ailleurs offrir des possibilités efficaces de traitement de certaines pathologies respiratoires.

Contrôler notre respiration nous permet petit à petit de contrôler notre système nerveux, puis nos pensées. Ainsi des petites exercices qui nous paraissent anodins – la pratique du pranayama- nous permet d’avoir un contrôle de plus en plus grand de toute notre personnalité.

Pour les yogis la respiration est le lien entre le corps et le mental. Une personne qui respire à moitié vit à moitié. Celui qui maîtrise sa respiration maîtrise sa vie.

Conserver la santé grâce au yoga

C’est la nouvelle année et la période des bonnes résolutions. Faire du sport en fait partie. De nos jours, tout le monde à entendu parler du yoga. Cette discipline est devenue populaire et s’inscrire à un cours de yoga fait partie des bonnes résolutions de début d’année. Le yoga est en occident souvent assimilé à de la gymnastique douce, une méthode anti-stress, un programme de remise en forme qui nous permettra de rester en bonne santé. De plus en plus de médecins recommandent le yoga à leurs patients comme médecine alternative douce et sans danger, pour atténuer le stress, régler les problèmes de dos, d’articulations ou autres affections.

Bien que le yoga inclus des exercices physique, il est bien plus que cela. Dans la culture occidentale, les vies sont compartimentées. Un exemple parmi d’autres est la séparation entre le travail et la vie de famille. Beaucoup de personnes négligent le corps pour réussir dans la vie, ou s’adonnent à des efforts physiques intenses jusqu’à se blesser, car l’on considère le corps séparément de l’esprit.

Les conséquences sont souvent un excès de stress, une incapacité à affronter les épreuves de la vie. On est déconnecté du monde. On a du mal également à affronter nos propres émotions qui sont souvent refoulées. Elles peuvent alors ressortir plus tard de manière parfois violente.

Le yoga considère au contraire le corps et l’esprit comme un tout indissociable. L’idée est de trouver l’équilibre en toute chose, équilibrer le corps et l’esprit, prendre conscience de son corps, de son mental, de ses émotions, prendre conscience que l’on fait partie d’un tout plus grand que notre personne. Une personne équilibrée fait preuve de beaucoup de bon sens, de calme et de joie de vivre. C’est cela que le yoga peut nous apporter. La pratique du yoga nous enseigne comment manger, dormir, se comporter avec les autres …Pratiquer le yoga comme style de vie nécessite quelques petits ajustements dans votre vie, dans l’organisation de votre journée. Ces ajustements se feront naturellement lorsque vous serez prêts, lorsque vous commencerez à ressentir les effets durables et que la pratique quotidienne fera partie de votre hygiène de vie.

Cela demande un peu d’effort. C’est parfois difficile dans nos sociétés où l’on est habitué à la facilité, à avoir tout et tout de suite. Il est plus facile de prendre quelques médicaments ou de s’en remettre à l’avis de son médecin. Mais un remède soigne les symptômes, rarement la cause situé le plus souvent dans le mental, le mode de vie. Le yoga vous offre la possibilité de prendre le contrôle sur votre santé de manière active en jouant la carte de la prévention. Être en bonne santé ne signifie pas seulement avoir un corps qui fonctionne parfaitement, il faut aussi que l’esprit fonctionne correctement et soit équilibré.

Vous ne pourrez pas être en bonne santé si vous mangez mal, si vous avez une attitude détestable. Vos résultats dépendront grandement de votre implication et de votre détermination. Chaque être humain est potentiellement capable d’accomplir tout ce que les grands Maîtres Yogis ont accomplis. La pratique régulière permettra d’équilibrer tout votre être. C’est cette harmonie qui fera que tout fonctionne bien. C’est grâce à cette harmonie que vous pourrez être en bonne santé et finalement être heureux dans votre vie.

Bonne pratique